La migration des entreprises vers la conformité de leurs paiements aux normes portées par le programme S€PA[1] est le plus souvent confiée à la responsabilité de la Trésorerie.

La raison en est simple : qui dit paiements, dit banques, et, qui dit relations avec les banques, dit trésorerie. A mon sens, il s’agit bel et bien d’une erreur de casting.

En effet, le rôle de la trésorerie consiste à gérer des masses financières et à obtenir les conditions les plus favorables dans les placements, découverts, prêts, relais, etc… auprès de ses partenaires bancaires ; c’est le métier de la finance pour lequel les compétences du trésorier sont mises en exergue.

Le paiement est une opération de détail, sanction obligatoire de l’exercice plein et entier des métiers d’une entreprise dans la délivrance d’un service ou d’un produit. Bien sûr, la somme des paiements constituent une masse financière du strict ressort de la trésorerie quant à son émission, et, tout particulièrement lorsqu’elle a trait à des virements, s’inscrivant au débit de l’entreprise qu’il convient de couvrir.

Il n’en reste pas moins que chacune des opérations, constitutives de cette masse financière, est d’abord et avant tout, fonctionnellement, organisationnellement et opérationnellement sous la pleine légitimité des métiers.

En ce sens, il me semble tout aussi légitime que le Monsieur S€PA, selon les premières recommandations du Comité national S€PA, telles qu’énoncées en 2006, sorte des rangs des métiers et ne soit plus systématiquement attribué à la Trésorerie.

Philippe Coiffard
Expert S€PA
Adhérent CINOV IT


[1] Single €uro Payments Area : espace unique de paiements en €uro